Salon de la Montagne

En attendant l’hiver Tignes se réchauffe

L’arrivée de l’hiver signe la fin de la première saison des travaux de rénovation énergétique pour la copropriété le Curling B à Tignes. Un projet dont la maitrise d’oeuvre a été réalisée par Eneos. Nicolas Baron, cogérant d’Eneos et Architecte revient sur les aspects importants de ce
chantier et sur l’ensemble des rénovations à entreprendre pour l’immobilier de tourisme en montagne.

Le chantier du curling B, qui reprendra en mai 2016 et se finira en novembre de la même année, a plusieurs objectifs. « Le bâtiment avait 0 centimètre d’isolation » confie Nicolas Baron. Il a donc fallu améliorer ce point-là pour permettre de moindres consommations d’énergie, une baisse des coûts d’exploitation et une amélioration du confort, avec la diminution du phénomène de convection et l’amélioration de l’étanchéité à l’air. Les travaux ont aussi permis de contribuer à l’entretien du bâti et de remédier à diverses altérations liées à l’âge du bâtiment.
Eneos a également renouvelé l’esthétique du bâtiment, avec un dessin plus contemporain des gardes corps et des changements de teinte des matériaux, le tout dans le respect de l’architecture d’origine du bâtiment et de l’aspect d’ensemble du quartier du Valclaret.

« Ces bâtiments sont des épaves énergétiques ! »
Comme tous les bâtiments construits avant les chocs pétroliers, une bonne part du parc immobilier de Tignes souffre de problèmes de vétusté et a besoin d’une remise à niveau, d’après Nicolas. Bien que ces bâtiments aient été construits avec une qualité architecturale et une intégration au site indéniables, l’aspect énergétique a été complètement délaissé à l’époque!

« Valoriser le patrimoine immobilier »
Rénover énergétiquement aujourd’hui permet une « valorisation patrimoniale » à travers notamment un changement d’étiquette énergétique (F à C dans le cas du curling B) et contribue à améliorer « l’attractivité locative de ces immeubles ».
À Tignes, sur une copropriété avec un programme ambitieux de rénovation représentant un coût d’investissement de l’ordre de 500€/m², la revalorisation constatée à la revente s’est élevée entre 2 et 3 fois le coût des travaux soit 1000 à 1500 €/m². À cela s’ajoutent « des économies de charges » avec des consommations énergétiques de chauffage divisées par quatre.

« Nous privilégions une approche globale et transversale »
Eneos est une « société d’ingénierie spécialisée en efficacité énergétique des bâtiments existants ». Elle intègre en interne les compétences d’architecte, d’économiste, d’ingénieur fluide, de thermicien, d’exploitation ou encore d’ingénieur financier.
« Nous privilégions une approche globale et transversale, décrit Nicolas, ce qui [nous] permet d’accompagner notre client dans la durée :
– En amont pour des phases de suivi/monitoring des consommations ou d’audits et diagnostics
variés (bâtiment, installations, contrat…).
– Ensuite en phase de conception et de suivi de réalisation des travaux.
– Enfin, dans le suivi d’exploitation après la réalisation des travaux ou pour la renégociation de
contrats ».
Cette pluridisciplinarité garantit une approche globale et cohérente pour le client.

« Une rénovation nécessite une réappropriation du bâtiment »
Un bâtiment rénové voit ses comportements changer, cela nécessite donc une « réappropriation du bâtiment ». Les occupants et usagers doivent modifier leurs habitudes, que ce soient les propriétaires, les locataires ou encore les exploitants des installations techniques.
Eneos accompagne également les exploitants pour des « modifications de réglages sur les installations existantes » et met en place une « assistance à la copropriété pour redéfinir ses contrats d’exploitation et d’achat d’énergie ».

« Il est important de mettre en place de la métrologie »
La rénovation d’un bâtiment et les estimations de consommations énergétiques associées « n’est pas une science exacte, admet Nicolas, car chaque bâtiment a ses contraintes et ses spécificités ». Cette problématique Eneos y répond grâce à un suivi des consommations pendant
l’année ou les deux ans suivant la réception des travaux, comme ce sera le cas pour le Curling B.
Pour Nicolas il y a « besoin de mettre en place une métrologie de suivi ». Cet instrument va permettre la mesure des températures intérieures, des consommations de chauffage parfois des débits d’eau chaude sanitaire… et ensuite « vérifier qu’il n’y a pas d’écart entre le comportement réel et les prévisions. En cas d’écart, cela permet de rechercher les causes et de proposer les ajustements des réglages afin d’atteindre une situation optimale ».