Développement durable

13 janvier 2026

Hydrogène vert en station : le carburant du futur pour les dameuses

Les territoires d’altitude sont confrontés à une transformation profonde. Sous l’effet du réchauffement climatique, les montagnes se réchauffent plus vite que la moyenne mondiale. Ainsi, préserver l’activité hivernale tout en limitant l’impact sur la planète impose d’agir sur les usages les plus émetteurs, en particulier les véhicules de damage.

Les données publiées en 2024 par les acteurs du secteur indiquent que le damage représente jusqu’à 90 à 95 % des émissions directes d’un domaine skiable (Domaines Skiables de France, synthèse environnementale 2024). Une dameuse consomme en moyenne 30 à 40 litres de carburant par heure, soit jusqu’à 400 litres par nuit pour les machines les plus sollicitées. À l’échelle d’une saison, cela représente 250.000 à 350.000 litres par station, avec un impact direct sur la planète et les territoires de montagne. C’est dans ce contexte que l’hydrogène apparaît comme une solution pertinente pour l’avenir des dameuses.

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Montagne et ressources : quand la terre crée les solutions

Les montagnes sont le résultat de millions d’années de tectonique, de compression et de formation de la croûte terrestre. Leur géologie complexe, marquée par la diversité des roches, des failles et des circulations profondes, rappelle que les ressources sont intimement liées à la dynamique de la terre. Les interactions entre l’eau, certaines roches et la chaleur issue du manteau terrestre sont aujourd’hui étudiées dans plusieurs programmes scientifiques européens (BRGM, IFPEN, publications 2024–2025).

Ces travaux expliquent notamment la présence d’hydrogène naturel, parfois appelé hydrogène blanc, généré par des réactions géochimiques profondes, sans intervention humaine directe. Ces phénomènes sont particulièrement observés dans les zones de montagne, où la tectonique active favorise la circulation des fluides, positionnant chaque territoire comme un laboratoire naturel pour de nouvelles solutions énergétiques (BRGM, rapport « Hydrogène naturel et contextes géologiques », 2024).

De la géologie aux usages concrets de l’hydrogène en station

Si l’hydrogène naturel reste à ce stade exploratoire, les usages industriels de l’hydrogène progressent rapidement en montagne. Les véhicules lourds y constituent des cas d’usage prioritaires, en raison des contraintes d’autonomie, de puissance et de conditions climatiques.

En avril 2024, une démonstration officielle d’écosystème hydrogène en station de montagne a été menée entre Moûtiers, Courchevel et Tignes (GART / France Hydrogène). Une station de distribution implantée en vallée a démontré qu’une capacité de 200 kg par jour était adaptée à l’alimentation de véhicules lourds opérant en altitude. Lors de ces essais, un bus à pile à combustible, produisant de l’électricité à partir d’hydrogène et d’oxygène de l’air, a affiché une autonomie moyenne de 350 km en conditions hivernales, avec un temps de recharge inférieur à 20 minutes, y compris par températures négatives, démontrant la compatibilité de l’hydrogène avec les contraintes spécifiques des montagnes.

Véhicules de damage et impacts mesurés

dameuse fonctionnant à l'hydrogène

@Mountain Planet

Les scénarios techniques publiés en 2025 par France Hydrogène et plusieurs pôles alpins estiment que le remplacement de cinq dameuses thermiques par des modèles fonctionnant à l’hydrogène permettrait d’éviter l’émission de 700 à 900 tonnes de CO₂ par an pour une station moyenne, soit une réduction majeure des émissions directes liées aux véhicules de damage en montagne. Ces chiffres confirment que l’hydrogène n’est plus un concept théorique, mais une solution testée et mesurée dans des conditions proches de celles des domaines skiables.

Eau, géologie, planète et responsabilité territoriale

La ressource en eau est au cœur de l’équilibre des stations. Elle est essentielle à l’enneigement et intervient également dans la production d’hydrogène par électrolyse. Les projets expérimentés en 2024 et 2025 reposent majoritairement sur cette technologie, dont le seul rejet est de la vapeur d’eau, un atout majeur pour la préservation des écosystèmes de montagne.

Réduire les émissions de gaz liées aux véhicules lourds contribue ainsi directement à limiter les pressions locales sur la planète, notamment dans des zones particulièrement sensibles aux évolutions climatiques.

Innovation et avenir des stations

Les recherches récentes montrent que la terre produit en continu des ressources naturelles, issues des interactions profondes entre roches, eau et manteau terrestre. Les montagnes, façonnées par ces forces géologiques, deviennent des territoires stratégiques pour expérimenter des solutions inspirées du fonctionnement même de la planète (BRGM, 2024). Ce rapport précise que la France hexagonale a un potentiel en hydrogène naturel avéré dans le Bassin aquitain, le Piémont pyrénéen, ou le bassin houiller lorrain.

Sans artificialiser les paysages, les stations pourraient ainsi, à terme, s’appuyer sur leur géologie pour structurer des projets innovants en matière d’énergie et cohérents avec les réalités locales.

L’hydrogène naturel, une solution pour l’avenir de la montagne

Les données publiées en 2024 et 2025 montrent que la transition des véhicules de damage est déjà engagée dans les territoires de montagne. En s’appuyant sur la compréhension de la terre, des roches et des dynamiques du manteau terrestre, les acteurs disposent aujourd’hui de leviers concrets pour réduire leur consommation d’énergie fossile et leur impact sur la planète.

L’hydrogène, qu’il soit produit localement ou issu d’un processus naturel, s’inscrit dans une trajectoire crédible et mesurable. Il constitue l’une des solutions clés pour accompagner l’avenir des stations, en cohérence avec les équilibres profonds des montagnes.

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